YIPOON CHIEM

Chorégraphe belge d’origine cambodgienne, Yiphun aka Yipoon Chiem puise son originalité dans la pratique des Arts martiaux (Kung-fu), celle de la danse classique khmère et de la danse hip-hop (break dance) qu’elle pratique depuis 1998 (ce qui lui vaudra le titre de « première breakeuse » de Belgique). A partir de ces influences, elle va créer un style unique dans le paysage de la danse
urbaine en Belgique.

Comme performeuse, Yipoon s’engage auprès de musiciens et de chorégraphes avec qui elle noue des liens artistiques forts : Fatou Traoré, Benaji Mohamed (danseur de Sidi Larbi Cherkaoui), les jazzman Aka Moon, Meeting from Mercury, Maak Spirit (Laurent Blondiau) et Nicolas Kummer.

Repérée à l’international, de 2005 à 2008 elle travaille beaucoup en France : elle est interprète pour le chorégraphe français Farid Berki sur Six fous en quête de hauteur (création à la Biennale de Lyon en 2003), Exodust (tournée en France et en Afrique centrale). Elle danse aussi pour la Cie Quality Street (Fr) sur le spectacle Street life.

En 2005, Yipoon fonde sa compagnie Tribal Sarong, et chorégraphie une première forme en quatuor avec le soutien de l’asbl Lezarts Urbains et du Service Danse de la Fédération Wallonie Bruxelles. Avec ce projet, elle remporte plusieurs prix et concours. En 2006 elle crée son premier solo Apsara pour le festival Hip Hop Tanz (au CDN de Pantin), spectacle « Coup de coeur du festival », qui rencontrera un beau succès, en France notamment. Tête d’affiche en 2008 des Rencontres Urbaines de La Villette (Fr), elle obtient un
certain succès dans la presse internationale ; le journal Le Monde la définissant comme «La cousine hip-hop cambodgienne de Lara Croft ». L’américaine Felicia Mc Carren, historienne du spectacle vivant, publiera dans « French Moves: The Cultural Politics of Hip Hop » un chapitre consacré à Apsara.

Yipoon n’a pas de limites dans sa créativité fertile, elle aiguise une justesse d’interprétation tant en danse qu’en musique : elle s’initie à plusieurs instruments -guitare et guitare basse-, au chant et au rap et collabore avec des groupes locaux et internationaux (Souldrifta, Amazumi, Docteur Mabool, Dj Odilon).

En 2019, Yipoon Chiem entame une nouvelle recherche, une performance solo dont elle sera à la fois l’interprète et l’architecte. B**** (prononcé Bitch), un nouvel opus où hip-hop, danse du temple cambodgien, culture japonaise et Arts martiaux se mêlent. B****, une quête aux sources de la colère, pour mieux l’exorciser, ou en catalyser l’énergie. Yipoon danse, performe et parle, prenant soin de sa colère, celle d’une femme, consciente de ses expériences, des rôles qui lui ont été donnés tour à tour de « victime », « bourreau » et « sauveteur », (dont elle tente de s’extraire). Elle s’inspire des danses des Geishas – d’où le titre B**** comme inversion du stigmate -, et des Asparas pour créer sa propre danse urbaine, l’incarner avec sa propre énergie cinglante, tragi-comique, sensible, athlétique.

B**** est écrit de manière censurée, bitch, ou blood, ou blurp, beech ça reste surtout une satire, une manière d’ironiser le statut la Femme et d’en honorer sa digne place, de rendre absurde l’objetisation de l’image de la Femme.