CENTRE DE DOC' NOMADE

Un carrefour-ressources au coeur du festival, à la croisée des trajectoires et des projets artisitiques... Pour la première fois de son histoire, le Centre de doc devient nomade et déménage de la Bibliothèque de Saint-Gilles pour prendre place au centre de la programmation du festival. Venez découvrir ses bouquins introuvables, ses archives pour une plongée back in the time... Installez-vous dans les poufs du Cinédoc pour visionner des docus et participez aux conférences, aux talks et aux mini rencontres avec des invités qui... tireront les cartes.

Horaires des animations
 

SAMEDI 6 AVRIL 2019
14H00 | Talks et rencontres : les invités tirent les cartes
16H00 | “Les pères dans le rap” (conférence d’Alohanews)
18H00 | “Par les damné.e.s de la terre” (conférence de Rocé)

DIMANCHE 7 AVRIL 2019
14H00 | Talks et rencontres : les invités tirent les cartes
16H00 | “Street Medias” (conférence d’Alohanews)
17H15 | Rencontre avec Lucas Takerkart, réalisateur de « Géograffiti, d’autres visages du Nord »

  • Conférence : Les pères dans le rap (par Alohanews, avec Benjamine Weill)



    En tant qu'espace d'expression libre, le rap a pris une ampleur nouvelle favorisant à la fois l'émancipation et la réflexion sur soi. Alors qu'il est souvent taxé de sexiste, il ouvre aussi un espace nouveau de relation à l'intime que les hommes peuvent s'approprier sans passer pour des "fragiles". On observe que beaucoup questionnent à travers le rap tant la relation à leur père que dans la relation à leur propre fils. Autrement dit, à travers la question du père, c'est aussi la question du masculin qui se dessine en tant qu'espace nouveau à construire pour se défaire des images associés et construire un monde qui reconnaissent leur père sans pour autant se confondre totalement. Pour cette conférence organisée par Alohanews, nous recevrons Benjamine Weill - philosophe, spécialiste du rap et co-fondatrice de l'association "Nous Sommes Hip-Hop” - diplômée de l’Université Panthéon Sorbonne (Paris I).

     
  • Conférence de Rocé : "Par les damné.e.s de la Terre"

    Rocé, une des plus belles plumes du rap français tiendra une conférence sur le thème : Musique et mémoire des luttes décoloniales et ouvrières à l’occasion de la sortie de sa compilation de chants contestataires des années 1969 à 1988.

    «Je fais partie de cette génération qui a vu naître le rap français, et avec lui l’énorme engouement pour cette musique des enfants de la deuxième et troisième génération d’immigrés. J’ai voulu creuser au-delà du rap, fouiller les artistes de la langue française qui véhiculent la poésie de l’urgence, la poésie à fleur de peau, engagée malgré elle parce que le contexte ne lui donne pas le choix. La poésie des damné.e.s de la terre. Ce projet, musical et de patrimoine, répond à un besoin : (re)donner la voix aux nouvelles générations qui évoluent en France avec une absence d’identification, un oubli de l’histoire de leurs parents dans le paysage politique et culturel qu’elles traversent en grandissant. Il écrit une autre histoire de la musique en français. A la jonction des luttes de libération des pays d’origines, des luttes ouvrières, des exils, il cristallise une époque où les luttes bâtissaient des fraternités, des affirmations, de la dignité, des liens entre les peuples opprimés et des convergences que l’Histoire des livres scolaires ne dit pas. Ce disque est donc un constat, un bout de mémoire qui montre que le champ des possibles était ouvert un court moment, avant d’être refermé, nous plongeant dans l’individualisme, le court terme, l’absence de projets de société.» - Rocé

     

  • Conférence sur les Street medias, par Alohanews, avec Fif (Booska-P), Keyti et Xuman (Journal Rappé)



    Au fil des années, le rap est devenu la musique la plus écoutée par les jeunes. Une musique en mouvement perpétuel, qui regarde parfois dans le rétroviseur pour rendre hommage à ses pairs, mais ne se retourne jamais. La popularité de cette culture n’a pas tout le temps été acquise. Dès les premiers balbutiements, cette expression a d’abord été mise en avant (H.I.P-H.O.P avec Sidney sur TF1) puis a graduellement été marginalisée par l’intelligentsia médiatique et politique francophone. Encore aujourd’hui, les stéréotypes persistent sur cette musique qui représente la diversité et par extension, la voix des sans voix.

    En parallèle, des acteurs du hip-hop s’organisent au fil des années et créent leurs propres canaux médiatiques, comme une forme d’autodétermination. En 2005, un des plus grands médias voit le jour en France : Booska-p.

    En 2019, des médias spécialisés ont pignon sur rue avec une diversité de tons et d’ambitions. Pour en parler, nous accueillerons Fif Tobossi, co-fondateur de Booska-p, média urbain de référence en France, qui livrera son expérience sur cette aventure qu’est le « street média ». Avec Booska-p, Fif et ses associés ont pu mettre en lumière artistes et créations durant plus de dix ans.

    Il n'y a pas qu'en Europe que se développent des "médias de la débrouille". Au Sénégal, le "Journal Rappé" fait office de pionnier dans le domaine. Ses deux membres seront aussi avec nous : Mr Xuman et Mr Keyti, stars du rap sénégalais et créateurs de ce bulletin d’actualités humoristique et critique. Chaque semaine, ils revêtent leur costume de présentateurs télé et décryptent l’actualité politique et sociale. Un beat, un flow… et des actus qui dérangent, pour inciter un changement de société.

    Une conférence organisée par Alohanews, un fameux média de la débrouille lui aussi !
     

  • Rencontre avec Lucas Takerkart, réalisateur de Géograffiti, d’autres visages du Nord

    Ce documentaire de 52mn est un condensé de trois ans de tournage dans la région Hauts-de-France. Du graffiti sauvage aux professionnels qui en font leur métier, en passant par les fresques dans les friches et les terrains vagues, Géograffiti explore différentes facettes du mouvement.

    C’est également une plongée dans les marges urbaines, les zones abandonnées, les toits et les abords délaissés des grands axes de communication, car les graffeurs pratiquent la ville autrement, en s’aventurant dans ses recoins.

    La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur, Lucas Takerkart. Un moment qui sera l’occasion d’explorer avec lui quelques secrets de son tournage et de la scène graff du Nord de la France.

FESTIVAL LZU 2019 #HumanTraffic