HYMNE À L'IMPERFECTION du 17.11.17 au 02.12.17

Mathieu d’Angelo – alias Maky – connu dans le monde des musiques urbaines, se démarque du rap et du slam pour se consacrer pleinement à l’improvisation, un domaine où il excelle et où il devient littéralement un virtuose. La parole est vrillée en lui, brute, spontanée, instinctive. C’est son moteur, son alliée. C’est sa vie et c’est l’histoire de sa vie.

Enfant, il ne se plaint pas. Ce sont les adultes qui se plaignent de lui. A 6 ans, à l’école, il parle trop, est trop agité. Diagnostiqué hyperkinétique, on lui donne de la Ritaline. Le voilà dans l’éducation spécialisée, placé dans l’école de « la dernière chance ». Malgré les échecs et les redoublements, il veut devenir conseiller commercial. Il a la tchatche. Chez Delhaize, GSM Planet ou Mobistar, il vend. Il porte beau le costume, sa maman est fière, mais sa vie est déchirée en deux. La nuit, il ne dort pas. Il vend. Encore. Mais d’autres substances. La nuit, toutes les valeurs se bousculent: des gens importants qu’on lui citait autrefois comme des modèles, qui lui faisaient la morale, sont ses clients nocturnes. La nuit, le jour, la lumière, l’obscurité. Tout se mélange. Et puis, au milieu de ce tourbillon sans repos ni sommeil, « les mots » se mettent à tourner dans sa tête en un flot discontinu. Plutôt que de les laisser s’envoler avec le vent, de sa voix profonde modelée au fil du temps, il se met à les souffler aux oreilles de tous les « imparfaits anonymes ».

Le spectacle mis en scène par Manuel Antonio Pereira est un jeu d’équilibre entre les parties écrites et les parties improvisées, entre la parole et la musique. Cette dernière joue un rôle essentiel dans le spectacle. Elle entre en symbiose avec le texte, le renvoie en écho, produit des effets de rupture ou de soutien. Elle est assurée par Fabot, présent sur scène. Cet amoureux de la musique qui est aussi illustrateur, mixe en véritable sound designer.

Il y a du jazzman dans cet Hymne à l’imperfection. Il y a plein d’humour, d’amour, de lucidité et de pertinences. Et si il se décline sur le mode du « je », c’est bien à un « nous », qu’il s’adresse.

INFOS PRATIQUES
Le Petit Varia : 78, rue du Sceptre - 1050 Bruxelles
Réservations : www.varia.be 
Contact : reservation@varia.be - 02.640.35.50

Une production du Théâtre Varia, coproduite par Lezarts Urbains.